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Le Bureau

La France Mutualiste

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Ce matin, couleur du temps, le ciel est gris. Dans la rue passent des masques fantômes qui viennent prendre queue à la boulangerie : je m'y agglutine. Dans ce défilé d'anonymes, on ne dit mot. La boulangère déroule son inlassable litanie :
« Bonjour… merci… bonne journée... bonjour… ».

Principe de précaution oblige, l'image symptomatique de cette queue masquée révèle que ma vie, désormais canalisée bon gré mal gré, me plonge insensiblement dans un monde inconnu jusqu'alors. Embarqué dans la chenille, je progresse. J'existe certes, mais exister, est-ce vivre ? Faut-il arrêter de vivre pour ne pas mourir ? « On ne protège pas la vie, on protège seulement l'existence », ai-je lu quelque part.

Dans ce monde de solitude, où tout se relativise, tout se vaut et se mélange : le vrai, le faux, le beau, le laid, la famille, la responsabilité…, que sont devenus les "amoureux de Peynet", ces éternels amants de cœur, de notre jeunesse ? Tout un symbole !

Je rentre à pied, mon pain quotidien sous le bras. Mes pensées s'évadent : les EHPAD, les enfants, les amis… quand un rayon de soleil vient heureusement percer ma grisaille : je revis !... La voix de France Gall surgit alors dans ma mémoire et je me surprends à fredonner :
« Si on t'organise une vie bien dirigée où tu t'oublieras vite
Si on te fait danser sur une musique sans âme
Comme un amour qu'on quitte,
Si tu réalises que la vie n'est pas là,
Que le matin tu te lèves, sans savoir où tu vas,
Résiste... Prouve que tu existes... »

Et, paraphrasant Johnny, Pour ne pas oublier de vivre.

Chacun à leur façon, ils ont crié leur amour pour la vie.

Vivre est une richesse. Mais cette richesse ne saurait se vivre longtemps maintenue dans la contrainte.

Georges Billa