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Loto du samedi 11 décembre 2021

Venez nombreux le samedi 11 décembre 2021 à la salle des fêtes de Cazaux. Ouverture des portes à 19 heures. Nombreux lots.

L'Amicale organise son loto annuel.

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Nous recherchons un volontaire adhérent de l'Amicale pour assurer la fonction de correspondant sur la CUB et contact avec les bases de Bordeaux.

La France Mutualiste

Prochaine permanence de France Mutualiste à l'Amicale mardi 7 décembre 2021.
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Un des sacrifiés de Sedan

En mai 1940 l’Armée de l’air dispose sur le papier de 33 groupes de bombardement.
Les deux tiers de ces unités terminent leur transformation sur avions modernes :
LéO 45, Amiot 354, Breguet 693...
A l'aube du 14 mai, 13 groupes seulement sont opérationnels. Ils sont regroupés à Sedan pour contenir les allemands et les empêcher de traverser la Meuse.
Sur les 169 bombardiers théoriques, 65 sont disponibles : 27 modernes et 38 anciens. 5 groupes sont encore équipés de Farman 222 et d’Amiot 143, totalement dépassés.
Jean Dieudonné de Laubier commande alors l’une de ces unités.
En septembre 1939, il a 42 ans. Affecté au centre d'instruction de Caen, il écrit au ministre de l’Air :
« J'ai l'honneur de vous demander de vouloir bien annuler mon affectation dans l'aviation de chasse et de me maintenir dans l'aviation de bombardement, spécialité dans laquelle je suis apte. Je suis commandant d'avion de jour et de nuit. J'ai effectué 1000 heures de vol sur avion bimoteur, dont 200 de nuit. J'ai commandé un groupe de bombardement bimoteur pendant 2 ans… ».
Le 9 janvier 1940, le commandant de Laubier est nommé à la tête du Groupe de Bombardement II/34, équipé de bimoteurs AMIOT 143 lents, lourds et obsolètes.

Le 10 mai 1940, les Allemands déclenchent l'offensive. Le colonel François, commandant la 34ème Escadre, stigmatise ses hommes par ces paroles : « C'est un nouveau Verdun. Il faut arrêter l'ennemi coûte que coûte ».
Le 14 mai, quelques équipages sont désignés pour une mission de bombardement, une mission de sacrifice, car les "poussifs" AMIOT 143 ne pouvaient être raisonnablement utilisés que pour des vols de nuit. Mais l'ordre est formel : les Panzer du général Gudérian ayant franchit la Meuse à Sedan, il faut à tout prix couper les ponts pour stopper leur progression.
A 11 heures 30, deux avions du Groupe II/34 sont prêts, les n°85 et 56, chargés de bombes, aux côtés de trois avions du Groupe I/34. L'Amiot 143 N° 56 (Ltt Vauzelle, Sgc Occis, Sgt Ankaoua, Sgt Gelly, Sgt Oeillard) roule au sol quand le commandant de Laubier se précipite, fait arrêter l'avion, donne l'ordre à Oeillard de descendre et prend la place du deuxième pilote bombardier.
Sachant que la probabilité de leur retour était faible, il ne se sent pas le droit d'envoyer ses subordonnés se faire tuer sans prendre les mêmes risques qu'eux.
Les bombes sont larguées à 13 heures. La Flak ennemie forme alors un tir de barrage, l'avion est touché. Les sergents Gelly et Ankaoua sautent en parachute et sont faits prisonniers. Le sergent-chef Occis saute aussi, mais se tue, son parachute ne s'étant pas ouvert. Le commandant de Laubier et le lieutenant Vauzelle meurent dans l'explosion de leur appareil qui percute le plateau surplombant Sedan.
Ce 14 mai, le commandant de Laubier ne devait pas voler car il rentrait de mission, avec un avion indisponible le n°118. Mais devant le danger de la mission il n’hésite pas à faire le sacrifice ultime. Il donne ainsi, en choisissant de voler en toute connaissance de cause, l'exemple le plus accompli du chef. Le lieutenant-colonel Jean Dagnaux, commandant en second le 34ème GB, va en faire de même le 18 mai.

Jean Dieudonné de Laubier est né à Saint-Merloir-des-Ondes, (Ille et Vilaine), le 17 juin 1897. Engagé volontaire le 26 octobre 1914, pour la durée de la guerre, il sert dans l'Artillerie et est crédité de 4 citations. Il est démobilisé le 18 octobre 1919. Fin 1920, il est affecté comme sous-lieutenant de réserve au 31ème Régiment d'aviation. Il passe par l’école militaire de Saint Cyr, de 1921 à 1923, et à l’issue choisit l'aviation. Il est affecté en 1923 au 32e Régiment d'aviation. Breveté observateur et pilote d'avion en 1924, il accomplit un parcours brillant au sein de l'aviation militaire, puis de l'armée de l'Air : commandant d'escadrille en 1935, commandant de Groupe à la 38e escadre de bombardement en 1938, commandant du Groupe II/34 en 1940.

Jean Dieudonné de Laubier a été nommé au grade de commandant au printemps 1939.

En hommage, la Base Aérienne 901 de Drachenbronn, centre de détection radar indicatif "Riesling", a porté son nom jusqu’à sa dissolution en 2015 .

Denis Giacomazzi UNC-85