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Loto du samedi 11 décembre 2021

Venez nombreux le samedi 11 décembre 2021 à la salle des fêtes de Cazaux. Ouverture des portes à 19 heures. Nombreux lots.

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Edmond Marin la Meslée, totalement inconnu en mai 1940, sera crédité en 30 jours de 20 victoires, dont 16 sûres.
La légende du "Grand Prince"était née.

Cinquième enfant d'une famille de dix, le plus brillant de tous les pilotes qui participèrent à la bataille de France est né le 5 février 1912 à Valenciennes.

C'est son père, fondateur de l'aéroclub local, qui communique à Edmond et à ses deux frères, Christian et Raymond, sa passion de l'aviation. Pour faire plaisir à sa famille, il entre en faculté de droit, mais sa véritable vocation est ailleurs. Profitant d'une bourse d'État, il apprend à piloter à l'école Morane-Saunier de Villacoublay et, le 1er août 1931, il décroche son brevet de pilote.

Le 4 novembre 1931, à 19 ans, il devance l'appel, s'engage pour 2 ans et entre à l'école d'Istres puis d'Avord. Major de sa promotion il obtient ses galons de sous-lieutenant et un brevet d'observateur. Excellent pilote, habile tireur, il est affecté en septembre 1932 au 2ème régiment de chasse à Strasbourg où il vole sur Nieuport NiD 62. En novembre 1932, Edmond rempile pour 2 ans et repart au bas de l'échelle comme sergent afin de pouvoir se présenter au concours d'entrée des officiers de l'air de Versailles. Le 2ème régiment de chasse, où il reste affecté, devient à Tours la 2ème escadre de chasse en 1933.

Breveté chef de patrouille, Marin la Meslée est finalement admis à l'école d'officiers de Versailles le 1er octobre 1936. Promu une seconde fois sous-lieutenant,
il rejoint le groupe de chasse 1/5, où le capitaine Accart, décelant en lui un futur as, le prend sous son aile. Lorsque la guerre éclate, le 3 septembre 1939, il vole sur Curtiss H75 au sein de la 1ère escadrille du 1/5 basée à Suippes. Sur ce camp rudimentaire sont alignés 27 avions, pour 23 pilotes, 39 mécaniciens et 200 hommes de troupe. Un mois plus tard, le 3 octobre 1939, il est nommé lieutenant.

Le 11 janvier 1940, il remporte sa première victoire en abattant un Dornier Do17 dans le secteur de Longwy. Puis, à partir du déclenchement de l'offensive allemande, il accumule les victoires : trois Stukas abattus le 12 mai, un chasseur Messerschmitt Bf109 détruit le lendemain, trois bombardiers Heinkel He111 le 18 mai...

Le 3 juin, deux jours après avoir succédé au capitaine Accart, blessé en combat, à la tête du Groupe de Chasse 1/5, Marin la Meslée commet une imprudence qui aurait pu lui coûter la vie. Ce jour-là, alors qu'il vient de descendre un Heinkel HE111, 2 appareils se présentent dans son dos, qu'il prend pour ses équipiers. Mais une rafale, qui fait éclater son tableau de bord et son pare-brise, lui rappelle quelques règles essentielles du combat aérien, à savoir toujours avoir un œil sur ses arrières.

Le Corsaire du ciel, un de ses innombrables surnoms, remporte sa dernière victoire le 10 juin, lors de l'attaque d'une formation de Ju88. Le 20 juin, suite à l'ordre du général Vuillemin, le GC1/5 se replie en Afrique du Nord, où il s'installe sur la base d'Alger-Maison-Blanche puis au Maroc. Marin la Meslée y apprend sa nomination au grade de chevalier de la Légion d'honneur.

En novembre 1942, les Alliés débarquent en Afrique du Nord. Le 1/5 est équipé de Bell P39 et reprend la lutte dans le cadre du Coastal Command, prend le nom de Champagne et migre à Tafaraoui, au sud d'Oran. Le 15 janvier 1944, Marin la Meslée prend le commandement du GC 1/5. Le 20 septembre, c'est le retour en France. Le 1/5 Champagne à Salon-de-Provence perçoit le mytique Républic P47 Thunderbolt.

Après la libération de Strasbourg par le général Leclerc, de Belfort et de Mulhouse par le général de Lattre de Tassigny, la tenaille se referme sur la 19ème armée allemande du général Wiese. La 1ère Armée Française encercle l'ennemi et l'accule dans une poche formée autour de Colmar.

Le Reichfùhrer Himmler prend le commandement des forces allemandes pour garder le passage sur le Rhin. Le Fùhrer veut reconquérir Strasbourg. Les combats sont d'une rare violence. L'action aérienne intense des Groupes de Chasse français sera prépondérante : nos pilotes mitraillent trains de ravitaillement, ponts, nœuds de communication et convois, affaiblissant ainsi les moyens allemands et le moral des combattants ennemis.

Ce que nos pilotes redoutent le plus c'est la "Flak", très dense aux abords du Rhin, installée sur des chalands dénommés "portières de pont". C'est dans ce contexte particulièrement hostile, que le groupe de chasse 1/5 Champagne opère quotidiennement à partir du terrain de Dôle-Tavaux. À 3h, le 4 février, l'officier renseignement distribue les photos des objectifs et des positions de la Flak. La mission principale du jour, codée AO-82, est le village d'Hugelheim en Allemagne et l'objectif secondaire les fameuses "portières du Rhin" ainsi qu'une reconnaissance armée sur Fribourg.

Ce 4 février 1945, à 8h40, onze P47 en trois patrouilles décollent. Ils portent chacun deux bombes de 500 livres sous les ailes, sept portent des bombes explosives, quatre des incendiaires. Leurs coffres à munitions sont pleins d'obus de 12,7 mm pour alimenter les huit mitrailleuses. Le dispositif est aux ordres du commandant Marin la Meslée, qui effectue sa dernière mission opérationnelle à l'aube de ses 33 ans. Il est flanqué de son fidèle ailier le sergent-chef Uhry. À  8h50, les avions se regroupent à 8000 pieds (2500m). À 10h30, en virage pour un 2ème passage, après avoir touché un convoi de carburant, le commandant Marin la Meslée est touché par un obus de 20 mm.

Son avion (n°384) bascule vers le sol, touche de l'aile et s'éparpille sur plus d'un kilomètre. Son corps, toujours attaché au siège, est déposé dans un verger par les Allemands. Dans un ciel noir et pluvieux, les rescapés regagnent Dôle, visages fermés, c'est la consternation. Trois jours plus tard, l'Alsace sera libérée !

Une cérémonie funéraire nocturne sera célébrée le 26 février dans la cathédrale de Dôle. Le général Bouscat y déclarera :
« L'autre guerre nous a donné Guynemer, l'entre-deux guerres vit grandir et mourir Mermoz. Cette guerre-ci restera éclairée pour toujours par votre lumineuse figure, Marin la Meslée, pur et grand soldat de l'air ». La croix de guerre avec palme sera épinglée sur le manteau de son fils Philippe.

Trente quatre pilotes ont trouvé la mort dans les combats de la poche de Colmar. Après la guerre, ses compagnons d'armes ont décidé d'ériger un monument en forme d'étoile à cinq branches (comme l'insigne des pilotes de chasse), à l'endroit même où il fut abattu. Ce qui fit écrire à Jules Roy :
« Maintenant, son étoile répand de la terre noire à toutes celles qui s'allument le soir au dessus d'elle ».

Le commandant Edmond Marin la Meslée a effectué 232 missions de guerre en 334 heures de vol.

Il a donné son nom à la Base Aérienne 112 de Reims, "Commandant Marin la Meslée"

Insigne collection AAAG

Larges extraits d'un article de Denis Giaccomezzi, UNC-85, la Voix du Combattant N° 1832.