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Il est des familles où, au fil des générations, leurs descendants ont à cœur d'assumer leur nom pour le hisser fièrement au plus haut de l'honneur. C'est le cas ici. Si le capitaine (chef de bataillon) Clément n'est qu'un cousin éloigné de Roger, force est de constater qu'au-delà des 85 années qui les séparent, les mêmes liens réunissent ces amoureux de la France, leur Patrie : Roger, prisonnier des Allemands en 1943, puis Résistant, courageux alpiniste, écrivain, auteur notamment de "Premier de cordée" et Clément, passé par Saint-Cyr Coëtquidan, major de promotion des écoles de pilotage de Dax, puis Le-Luc-en-Provence, capitaine pilote d'hélicoptère de combat, mort pour la France en opération. Le poème ci-dessous dont il est l'auteur, démontre que Clément perpétue les valeurs de patriotisme alliées aux qualités d'écrivain de son lointain grand ascendant.
Comment ne pas évoquer ici aussi, Adélaïde Frison-Roche, la sœur de Clément qui, dans une lettre adressée à Valeurs Actuelles parue sous le N° 4337 du 9 janvier 2020 sous le titre : "De l'héroïsme de mon frère et de ses compagnons d'armes", distingue "l'homme d'exception" (vocable utilisé par le Président Macron lors des obsèques nationales aux Invalides) du "héros mort pour la France". (« Texte bouleversant, dont les mots forts et implacables se suffisent à eux-mêmes » Valeurs Actuelles).
Voici bientôt un an que Clément est décédé en défendant nos valeurs, celles de la France que nous chérissons. C'est donc avec beaucoup d'émotion que l'ensemble des membres de notre Amicale commémore la disparition de Clément et de ses douze autres camarades de combat, auxquels nous avions rendu hommage dans notre N°108.
Merci à vous tous qui portez avec dignité et honneur le nom superbe des Frisons-Roche. (LR) (Sources Armée de Terre et Sud-Ouest)

Clément Frison-Roche
Le mardi 26 novembre 2019 au Mali, au cours de l'opération Barkhane, le chef de bataillon Clément Frison-Roche trouva la mort en service commandé, avec douze de ses camarades de combat dans un accident d'hélicoptères. Il faisait partie du 5e Régiment d’Hélicoptères de Combat (RHC) de Pau, qui a perdu là, sept de ses hommes.
D’une fratrie de six frères et sœurs, dont l’un d’eux est également officier, Clément Frison-Roche est né à Saint-Mandé (Val de Marne) le 9 décembre 1991. Il a fait une partie de sa scolarité à Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne), où sa famille est installée depuis 2004, et où vivent encore ses parents, Maguelonne et
Benoît Frison-Roche, tous deux anciens militaires de carrière.
Après une classe préparatoire au lycée militaire de Saint-Cyr l’École, il intègre en 2012 l’École spéciale militaire de Saint-Cyr. À sa sortie en 2015, il choisit de rejoindre l’École de l’Aviation Légère de l’Armée de Terre.
Ses excellents résultats le spécialisent sur l’hélicoptère Tigre où il devient chef de patrouille hélicoptère d’appui-destruction.
Affecté au 5ème RHC de Pau, à l’escadrille d’hélicoptères d’appui-protection n°1, il se distingue par ses belles qualités humaines et ses très bonnes connaissances techniques. Officier passionné et exemplaire, il se montre rigoureux et très performant en toutes circonstances.
Le chef de bataillon Clément Frison-Roche est projeté pour sa première opération extérieure au Mali dans le cadre de l’opération Barkhane en septembre 2019.
Il est titulaire de la médaille de bronze de la défense nationale et de la médaille d’outre-mer avec agrafe ”Sahel”.
Il est titulaire de la croix de la Valeur militaire et chevalier de la Légion d’honneur à titre posthume.
Âgé de 28 ans, marié et père d’un enfant, le Chef de bataillon Clément Frison-Roche est mort pour la France dans l’accomplissement de sa mission au sein de l’opération Barkhane.

Pour que vive la France

"Ainsi, toujours poussés vers une étrange quête
Nos pères s'en allaient-ils bravant la destinée,
Tantôt l'air abattu par le poids des conquêtes,
Tantôt l'air guilleret de leurs jeunes années.

Sur les champs de bataille, côtoyant la laideur,
Ils connaissaient la vie et ses plus tristes heures.
Pas un ne regrettait mais tous avaient au cœur
Ce que signifiait mourir au champ d'honneur.

Du plateau de Pratzen où la brume se fane,
Des tranchées de Verdun aux rizières du Tonquin,
Par-delà le Djebel et les vallées afghanes,
La souffrance et la peur étaient leur quotidien.

Mais pour que vive la France et la gloire de son nom,
Ils portèrent au front son prestigieux emblème,
Et subissant l'affront jusqu'à celui suprême,
Ils tombèrent en héros sous le feu des canons.

Les yeux levés au ciel implorant le pardon,
Leurs corps meurtris exhibaient une douleur extrême,
Et dans l'ultime soupir sur leurs visages blêmes,
Leurs lèvres murmuraient ce cantique moribond:

"Oh tendre France, douce gardienne de mon baptême,
Prenez ici ma vie, je vous en fais le don,
Veillez sur ma famille et tous les gens que j'aime,
Et rendez je vous prie mon sacrifice fécond..."

Toi France, ingrate mère à la parure ternie,
Laisseras-tu leurs cris se perdre dans la nuit ?
Ils t'ont donné leur cœur, ils t'ont donné leur vie,
N'est-ce pas révoltant que nul ne les envie ?

À tes illustres fils tombés pour la patrie,
Plutôt que souvenir tu préfères l'oubli,
À tes jeunes enfants disparus aujourd'hui,
Plutôt que bienveillance tu préfères le mépris.

Qu'adviendra-t-il de nous ta jeune génération ?
Parmi les injustices de tes institutions,
Et le désintérêt de ta population,
Ne saurons-nous jamais où part ton attention ?

Quel sort réserves-tu à ceux qui serviront ?
Nulles considérations, seules quelques concessions !
Pourtant tu le sais bien, nous qui te chérissons,
Nous ne demandons rien qu'un peu de compassion !

Et s'il m'advenait un jour de périr en ton nom,
Ce serait avec foi mais non sans une question,
Pour que revive France et la gloire de son nom,
Je te lancerais sans haine ce dernier affront,

Tandis que mon chant du cygne, funeste merveille,
Pareil au flot gémissant de mon sang vermeil,
Fera couler ces mots aux mille résonances :
"France, ma France, qu'as-tu fait de ta reconnaissance ?"

                                                Clément Frison-Roche

Benoît Frison-Roche.
Président du Conseil d’Administration du lycée Sainte-Catherine : « Clément était animé par l’amour de la France et de la famille… son engagement vis-à-vis de la patrie et de la catholicité a baigné son enfance ».
« En tant que père, je pense à mon fils, à ma belle-fille et à ma petite-fille de 7 mois, Victoire, qui ne connaîtra pas son papa, et je suis effondré. En tant que catholique, je me console en pensant que Clément va retourner vers notre Père. Et en tant que citoyen, j’ajouterai que mon fils donne un exemple  d’engagement complet, jusqu’au bout de sa vie, dont on aimerait que s’inspirent ceux qui sont aux manettes. »

Maguelonne Frison-Roche « J’ai senti toute ma vie que mon mari pourrait se planter. C’était pareil pour Clément, a témoigné sa mère Maguelonne dans le journal Sud Ouest. Je suis brisée mais je savais que ça pourrait arriver. J’y ai pensé en lui disant au revoir il y a deux mois. »

Roger Frison-Roche. D'une famille savoyarde, installée à Paris pour tenir une brasserie, les Frison-Roche y possèdent plusieurs bistrots et brasseries à la fin du XIXe siècle.
Entre 1916 et 1920, Roger étudie au lycée Chaptal, puis quitte l'école en 3ème et travaille comme coursier dans une agence de voyage Thomas Cook dès l'âge de quatorze ans.
Durant la guerre, il effectue plusieurs séjours à Beaufort qui éveillent en lui l'amour de la montagne. En 1924, il est le secrétaire général des premiers Jeux Olympiques d'hiver à Chamonix.Et écrit également dans le journal Le Savoyard de Paris. Entre 1926 et 1927, il effectue son service militaire à Grenoble.
Entre 1927 et 1931, Il est directeur du Syndicat d'Initiatives et du Comité des Sports d'hiver de Chamonix, puis secrétaire de l'Aéro-club de Chamonix-Mont-Blanc. En 1932, il est reporter pour la première émission radiophonique depuis le sommet du Mont Blanc. Entre 1938 et 1941, il est journaliste à La Dépêche à Alger où il s'installe avec sa famille en 1938.
En 1942, correspondant de guerre aux côtés des Alliés sur le front de Tunisie, il est fait prisonnier par les Allemands à Pichon (Kairouan). En 1943, prisonnier à Naples, il passe un mois dans une cellule de condamné à mort. Transféré par la Gestapo à la prison de Fresnes, puis à Vichy, c'est grâce à une connaissance influente qu'il obtient des papiers pour retourner à Chamonix alors occupée par les Italiens.
Mais en 1943, les troupes allemandes envahissent la Zone Libre et arrivent à Chamonix. Frison-Roche entre alors dans la clandestinité dans le Beaufortain. En 1944, il est officier de liaison auprès des FFI puis à l'État-major de la 5e demi-brigade de Chasseurs Alpins. Ce passage de sa vie lui inspirera notamment Les Montagnards de la nuit (1968).
Il retourne en Algérie en 1955, puis, s'installe à Nice où il effectue des reportages pour Nice-Matin. En 1960, il retourne à Chamonix où il construit un chalet qu'il baptise "Derborence".
Il meurt le 17 décembre 1999 à Chamonix où il est enterré.