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Loto du samedi 11 décembre 2021

Venez nombreux le samedi 11 décembre 2021 à la salle des fêtes de Cazaux. Ouverture des portes à 19 heures. Nombreux lots.

L'Amicale organise son loto annuel.

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Bien connu des milieux aéronautiques du Bassin, Henri Hay, dit La Fouine était passé par la 8ème Escadre de Cazaux dans les années 80. Il est décédé le 8 juillet dernier à l'âge de 88 ans. Il fut un pilote de chasse remarquable au sens aiguisé dans la connaissance technique des avions qu'il eut à piloter : ce besoin de savoir qui le poussait souvent chez les mécanos, lui valut le surnom de "La Fouine". Merci à la 11ème Escadre qui consacre, sur son site un remarquable article aux souvenirs d'Henri Hay, de nous permettre d'en reprendre, ici, l'essentiel.

Juste quelques chiffres pour situer le personnage. La Fouine a effectué au total 14 160 heures de vol dont 7 753 heures dans l’Armée de l’Air, et surtout il est le seul à avoir volé 4 000 heures (tout rond) sur F100.
Sa passion pour le vol a commencé en 1944 quand, à 11 ans, il assiste à l’attaque de la gare de Saint Aubin de Baubigné (Deux Sèvres) par des avions P51. Fasciné et au grand dam de ses parents, il monte dans le grenier pour mieux voir les attaques ! Sa décision est prise : « Je serai pilote et si ça ne le fait pas, je serai boulanger ou curé » !
Le BEPC en poche, il s’engage dans l’Armée de l’Air. Après une formation militaire standard, il effectue son premier vol sur le Stampe N°10 le 17 juin 1952. Ayant étudié l’anglais, il est envoyé aux Etats Unis après 18h55 de vol. À Barton (Floride) il entame sa progression sur T6.
En juin 1954, il fait mouvement vers Foster (Texas) pour voler sur T28 puis sur T33. Ce sera ensuite Laughlin puis Luke où il sera lâché sur F84G. Il n’existait pas de version biplace sur F84G, et comme beaucoup de pilotes il se souvient très bien de son premier "lâcher" sur Stampe et de son premier monoplace, le F84G.
Après 18 mois passés aux US, il est affecté en avril 1954, sur F84G à la 11ème Escadre de Chasse stationnée alors à Luxeuil. En août 1954 l’escadre passe sur F84F.
En novembre 1956, il part en Algérie pour un "tour" de 12 mois sur T6 au sein de l’EALA 16/72 unité parrainée par la 11EC à laquelle il appartient toujours. Il y effectue 288 missions de guerre qui lui vaudront l’attribution de la Valeur Militaire avec plusieurs citations. Les missions sont des RAV (reconnaissance à vue) et/ou d’appui feu. Touché au niveau du réservoir lors d’une de ces missions, il doit se poser en urgence sur un petit terrain aménagé tenu par une compagnie de la Légion. Accueil plus que chaleureux par ceux qu’il appuyait et soirée très difficile.
En décembre 1957, c’est le retour à Luxeuil sur F84F à l’escadron 1/11 Roussillon. En 1958, la 11 EC est transformée sur F100. Premier vol le 25 août 1958, "lâché", le surlendemain, sur le F100D N° 136.

La Fouine

En mars 1960, se sera le 2ème "tour" en Algérie. Il y effectue 213 missions de guerre. En deux années de présence en Algérie, il aura effectué près de 1000 heures de T6.
Retour en mars 1961 à Luxeuil à l’escadron 1/11 Roussillon.
C'est à cette époque que lui vient son surnom de « La Fouine ». Après les vols, il passe son temps à aller dans les différents services de la mécanique pour en apprendre un peu plus sur l’avion. Et quand au niveau des OPS on le demande, la réponse est la suivante : « il n’est pas là, il fouine chez les mécanos ».
En août 1961 au retour de perm, La Fouine se distingue tout d’abord en ramenant un F100 sans manette des gaz : « elle m'est resté dans les mains, et j’ai ajusté les gaz avec les fils qui pendaient ». Ensuite son mérite est reconnu par la presse locale lors d’un meeting chez lui à Saint Aubin de Baubigné. « Je n’ai pas passé le mur du son, j’ai simplement cranté la PC… ».
8 ans après son arrivée à la 11EC, il obtient son brevet de chef de patrouille en 1962 : « Normal, j’étais sous-officier et il fallait faire passer les officiers avant ». Et il enchaîne les mois à 25 heures de vol et plus ; tout est bon pour se mettre en l’air MD312, CM170, T33,….
En juillet 1974, Henri est muté à Djibouti où il effectuera son dernier vol, celui des 4000 heures, pas une de plus, sur F100D N°163 le 23 août 1976. « Par la suite lorsque j’étais à Cazaux on m’a proposé de revoler sur les F100 qui "biroutaient", mais j’ai refusé car je tenais à ce chiffre de 4000 ! ».
Retour en métropole et mutation à la 8EC de Cazaux où il effectue son premier vol sur Mystère IV le 18 novembre 1976. Il effectuera le tout dernier virage sur avion militaire avant de quitter l’Armée de l’Air, le 17 avril 1980 sur Mystère IV, après 28 ans de service et 7 753 heures de vol.
Il rentre ensuite chez AIF (Air International Formation) jusqu’en 1993 : 13 années pendant lesquelles il vole sur Rallye, Epsilon, CM170, TB20 et effectue de nombreux séjour au Sénégal. A l’issue, il sera moniteur à l’aéroclub de Villemarie. Il faudra des ennuis de santé pour qu’il s'arrête à 84 ans : « Sinon, je crois que j’y serais encore ».
À la question « Avez-vous eu beaucoup d’incidents au cours de votre (très) longue carrière ? » La réponse a été « j’ai eu trois incidents, ou plutôt deux. J’ai éclaté 2 pneus à l’atterrissage à Djibouti suite à une panne de freins, mais sans grande conséquence, et le deuxième fut une extinction moteur lors d’une interception haute altitude. Une fois le moteur coupé, le silence est vraiment impressionnant ; j‘ai baissé le nez de l’avion, rejoint le domaine de rallumage et c’est reparti au premier essai. » Et le troisième ?
« En fait ce n’en fut pas un ; au cours d’une mission de mise en place à Guthersloh, on devait aller tirer sur un champ de tir au nord, mais la météo était tellement pourrie qu’on a écourté le vol. Atterrissage sans problème, mais à l’issue les mécanos m'ont montré que le moteur du F100 avait perdu des ailettes de turbine. Si le vol avait duré quelques minutes de plus, c’était soit l’explosion ou l’extinction du moteur avec une éjection à la clef ».
Pour lui, ce fut donc une carrière très tranquille et il ne voyait pas pourquoi il fallait en parler… Mais ce qui marque le plus chez Henri, c’est qu’à 84 ans la passion semblait être restée intacte. « S’il fallait y retourner, c’est tout de suite et sans problème ».
On ne fait pas une carrière aussi exceptionnelle si on n’a pas cette flamme, flamme qui ne l’a jamais quitté depuis son premier vol.
Un grand Monsieur.

Extraits du site : pilote-chasse-11ec.com