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Assemblée Générale 2020

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Le Bureau

Doyen de La Teste de Buch et de notre Amicale, le colonel Jean-Pascal Tari nous a quittés à l'âge de 104 ans.

L e 2 octobre 2019, le colonel Jean Pascal Tari, l’un des fondateurs de notre amicale (n°20 du 20 avril 1992) nous a quittés à l’âge de 104 ans. Chevalier de la Légion d'Honneur, Croix de guerre 39/45, médaille de la France libre, Croix du combattant volontaire de la Résistance... La liste est impressionnante. Ses obsèques ont eu lieu le 5 octobre 2019, en l’église Saint-Vincent de La Teste de Buch. On y remarquait la présence d'une très nombreuse assistance, de l’ensemble des drapeaux des Associations patriotiques, du colonel Noël Farnault commandant la BA 120 de Cazaux, accompagné d'un piquet d'honneur, de Jean-Jacques Éroles, maire de La Teste de Buch, ainsi que des généraux Thierry Gouaichault, René Auvin, et Gilbert Gagneux. L'émouvante cérémonie a été marquée par les paroles prononcées par le prêtre, ainsi que par le discours du colonel René Vitiello, président du Comité d’Arcachon de la Société des Membres de la Légion d'Honneur, dont voici un large extrait :

« Mon colonel, vous êtes né le 10 juin 1915 à Toulon alors que vos parents venaient tout juste d’émigrer d’Italie vers la France. Cette France qui vous a accueilli vous n’avez eu de cesse de la servir et de la défendre tout au long de votre vie, sous l’uniforme militaire, puis comme élu de la République.
Vous avez grandi dans le village de Saint Mitre les Remparts près de l’Etang de Berre. Une jeunesse studieuse, endeuillée très tôt par le décès de votre père mais réjouie par la rencontre de la petite camarade de classe qui deviendra votre épouse.
Après un an de préparation militaire, vous êtes appelé sous les drapeaux à l’âge de 21 ans en 1936, au 3ème Régiment d’Infanterie Alpine d’Hyères. Fait exceptionnel à l’époque, vous êtes caporal à 6 mois de service et vous aviez coutume de dire que ce grade est celui qui vous a apporté la plus grande émotion et une des plus grandes joies de votre carrière militaire.
Huit mois plus tard vous sortez 1er du peloton des élèves sous-officiers et vous voilà chef de groupe de mitrailleuses lourdes et déjà tireur d’élite. Vous entraîniez votre groupe au camp de Carpiagne, entre Marseille et Aubagne, camp fréquemment survolé par les avions de l’école d’Istres et l’envie vous prend d’accrocher des ailes à votre tenue militaire et de vous engager dans la toute jeune Armée de l’air.
Vous rejoignez alors la base aérienne d’Istres où vous allez dispenser vos connaissances militaires aux élèves pilotes. Vous réussissez si bien que vous êtes nommé en 1939, à l’âge de 23 ans le plus jeune sergent-chef de l’Armée de l’air.
La guerre vous surprend alors que vous aviez décidé de fonder un foyer avec la jeune écolière de Saint Mitre les Remparts. Le courage de votre jeune épouse sera égal au vôtre : elle abandonne tout pour ne pas tomber entre les mains de l’occupant qui vous recherche en raison de votre action et de vos idées patriotiques.
En effet vous entrez en résistance à la première heure alors que vous êtes encore sous l’uniforme. Sans détailler votre vie clandestine de résistant au sein du maquis "Ventoux" du Vau-cluse, je voudrais rappeler ici la journée du 22 août 1944.
Le 22 août 1944, à l’annonce du passage d’un important con-voi ennemi, aux environs de St Jean de Sault, dans les contre-forts du Ventoux, une section de 27 aviateurs est chargée de l’intercepter et le détruire. Vous servez la seule mitrailleuse de la section tout au long d’un combat très dur qui se traduira le soir venu par la retraite de l’ennemi avec de très lourdes pertes. Ce violent accrochage vous verra attribuer la croix de guerre 39-45 avec étoile d’argent pour le motif suivant :
"Sous-officier mitrailleur d’élite, qui le 22 août 1944, pendant plus de 45 minutes, a par le feu précis et meurtrier de sa mitrailleuse, neutralisé toute action ennemie. Entouré par l’incendie allumé par les obus incendiaires, n’a décroché que sur ordre de son chef de section."
La victoire venue, vous réintégrez l’Armée de l’air. Nommé sous-lieutenant, une carrière d’officier d’administration s'ouvre devant vous. Vous serez en particulier affecté sur la Base de Cazaux où vous servirez pendant plus de dix ans.
Le soldat se doublait d’un sportif hors pair qui a mené plu-sieurs fois à la victoire l’équipe de tir de la Base : 14 fois champion de tir de l’Armée de l’Air et 3 fois champion de France militaire en individuel et en équipe avec la BA 120 de Cazaux. Ce parcours sportif exceptionnel vous a valu la médaille d’or de la jeunesse et des sports.
En 1970 vous quittez l’institution après avoir commandé la base aérienne 104 du Bourget. Une seconde vie commence pour vous, marquée par votre engagement associatif comme directeur sportif du Club athlétique arcachonnais et directeur administratif du Yacht Club d’Arcachon entre autres.
Vous vous engagez en politique et vous êtes élu sur la liste du docteur Espied qui vous confiera le poste d’adjoint spécial pour le Pyla, responsabilité que vous assumerez pendant 12 ans, de 1989 à 2001.
Monsieur Jean-Jacques Eroles, maire de la Teste, m’a confié à quel point vous avez oeuvré pour votre ville et pour le Pyla en particulier. Vous laissez le souvenir d’un élu totalement investi et à l’origine de bien des réalisations sur la Teste de Buch. Au nom des Testerins et des Pylatais, merci.
Mon colonel, je viens de prononcer ces quelques mots à la demande de la famille en ma qualité de président du comité d’Arcachon de la SMLH dont vous avez été vice président à une époque, et c’est un grand honneur qui m’est fait. Vous étiez un homme au grand coeur dont le sens de l’humain, et l’esprit de bonté a marqué tous ceux qui vous ont approché...
Je voudrais à cet instant m’adresser à vos arrières petits enfants, Nicolas, Baptiste et Léna.
Quand j’avais à peu près l’âge de Baptiste, j’ai perdu mon grand-père. Il était lui aussi fils d’émigré italien et avait com-battu pendant la guerre de 14-18, à Verdun, puis au Liban et en Syrie. Il m’a inculqué les valeurs qui font ce que je suis aujourd’hui et plus de cinquante ans après sa disparition il est toujours là et lors des cérémonies commémoratives et lorsque retentissent la sonnerie aux morts et la Marseillaise j’ai toujours une pensée pour lui.
Alors, Nicolas, Baptiste et Léna, croyez le, votre Papi qui vous a tant aimés et que vous avez tant aimé, qui vous a tant donné, votre Papi sera toujours là, vous continuerez de grandir avec lui et toute votre vie sera guidée par ce bel exemple de droiture, d’intégrité et de sagesse. »

Jean Pascal TARI

Il y 4 ans, le 10 juin 2015, en présence de nombreuses Autorités civiles et militaires, le colonel Jean Pascal Tari recevait pour son centième anniversaire, un hommage bien mérité. L’esprit toujours vif, il avait déclaré être heureux, flatté et très ému. « vivre un moment inoubliable, une apothéose. » (LR)