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Loto du samedi 11 décembre 2021

Venez nombreux le samedi 11 décembre 2021 à la salle des fêtes de Cazaux. Ouverture des portes à 19 heures. Nombreux lots.

L'Amicale organise son loto annuel.

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La France Mutualiste

Prochaine permanence de France Mutualiste à l'Amicale mardi 7 décembre 2021.
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« C’est la France qui m’a faite. Je suis prête à lui donner aujourd’hui ma vie. Vous pouvez disposer de moi comme vous l’entendez ». Joséphine Baker 1939.

Plus connue comme artiste que comme résistante, Joséphine Baker est née Fréda Joséphine Mac Donald le 03 juin 1906 à Saint-Louis Missouri.
Elle décède le 12 Avril 1979 à Paris.
En septembre 1939, dévouée à la France, elle devient Agent du contre-espionnage sous les ordres du commandant Jacques Abtey chef du contre-espionnage
à Paris. Dès lors, elle fréquente la haute société parisienne, et se mobilise pour la Croix-Rouge Française.
Le 24 novembre1940, elle s’engage dans les services secrets de la France libre, toujours via le Commandant Abtey qui restera son officier traitant jusqu’à la libération.
Dès lors, elle œuvre en France, puis en Afrique du Nord.
Installée par la suite au Maroc entre 1941 et 1944, elle soutient les troupes américaines et coloniales grâce aux renseignements qu’elle leur transmet. Elle se lance dans une grande tournée en "Jeep" qui passe par Marrakech, le Caire, puis par le Moyen-Orient de Beyrouth à Damas.
Elle glane, auprès des officiels qu’elle rencontre, des informations capitales pour les troupes stationnées sur le continent Africain. Elle s’acquitte avec succès durant la guerre de nombreuses et importantes missions de renseignement.
Elle est connue notamment pour avoir utilisé des partitions musicales afin d'y dissimuler de nombreux et importants messages.
En octobre 1944, après s’être engagée dans les Forces Féminines de l’Armée de l’Air, elle débarque à Marseille, tout en continuant ses activités jusqu’à la libération. Par la suite elle continuera ses actions pour la Croix-Rouge Française, conjointement à sa carrière d’artiste.

Sa conduite et son courage exemplaires durant la guerre lui vaudront l’octroi des décorations suivantes :
- Chevalier de la Légion d’Honneur, des mains du Général Valin.
- Croix de guerre 39.45 avec palme.
- Médaille de la résistance avec rosette.
- Médaille commémorative des services volontaires de la France libre

Merci à vous Joséphine, Petite par la taille mais ô combien Grande par votre dévouement au service de la France.

Texte envoyé par Michel MATHIEU Président de l’ARM 70

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L'envoi de notre ami Michel, nous a incité à chercher à mieux connaître notre célèbre "Périgourdine", car ne l'oublions pas, Joséphine avait fait des Milandes, une de ses œuvres majeures. Voici donc, en résumé, le parcours de cette Grande Dame.
De mère noire Américaine, et d'un père peut-être d’origine Espagnole qui ne l’a jamais reconnue, Joséphine fut toujours tiraillée par le fait d’être ni noire, ni blanche. Vivant misérablement avec sa mère, son frère et ses deux sœurs, elle est placée très tôt dans une famille de "blancs", qu‘elle va quitter rapidement.
Passionnée de danse, elle organise et imagine des spectacles pour ses amis. Son fort caractère la conduit alors sur scène. Habilleuse au Booker Washington Theater, elle remplace un jour une danseuse malade et c’est le début d’une grande aventure artistique. À 14 ans, elle gagne son premier cachet au théâtre de Saint Louis.
De 14 à 18 ans, elle multiplie les aventures artistiques et voyage entre Chicago et New York. C’est là qu’elle sera repérée pour une grande Revue à Paris en 1925 : la Revue Nègre.
La Revue Nègre fait salle comble au Théâtre des Champs-Elysées où Joséphine se dandine et fait scandale pour l’époque : quasiment nue sur scène, elle danse au rythme des tambours dans un décor de savane ! Joséphine, après plus d’une centaine de représentations, signe avec le théâtre des Folies Bergère pour une revue où elle tient un des premiers rôles. Dans "La Folie du Jour" elle porte plumes roses et ceinture de bananes !
Une ceinture que vous pouvez admirer au château des Milandes. L’année 1930 consacre Joséphine comme chanteuse. « J’ai deux amours, mon Pays et Paris... » : le succès est considérable et l’argent coule à flots. Elle fait preuve d’une grande générosité et donne à des œuvres caritatives, aux Hôpitaux de Paris, aux écoles, aux enfants notamment.... Elle épouse Jean Lion, un industriel Français d’origine Juive, qui lui donne la nationalité française en 1938. Mariage éphémère, couple sans avenir, mais Joséphine permettra à son mari et à la famille de celui-ci de fuir aux Etats-Unis au début de la guerre, le sauvant ainsi des camps de la mort.
Pour elle, il existait une seule race : la race humaine. Se sentant investie d’une mission raciale, elle crée son "Village du Monde" au Château des Milandes en Dordogne et écrit plusieurs ouvrages dont "Mon Sang dans tes veines", réflexion sur l’injustice raciale.
En 1947 elle épouse Jo Bouillon, chef d’orchestre de renom, dans la chapelle du Château des Milandes. Au cours de la seconde guerre mondiale Jo accepte de participer bénévolement à une tournée qu’organise Joséphine. Ils avaient ce même idéal de fonder un "Village du Monde, capitale de la Fraternité universelle" afin de montrer au monde entier que des enfants de nationalités et de religions différentes pouvaient vivre ensemble en paix.
L’amour de Joséphine Baker pour les enfants était inébranlable, à tel point qu’au retour de ses tournées, elle n’hésitait pas à ramener dans son paradis des Milandes un enfant en manque d’amour ou dans le besoin. Tous ses enfants furent adoptés à partir de 1955. De deux ils furent bientôt douze de nationalités et de religions différentes. Il y eut : Akio, Coréen ; Janot, Japonais ; Jari, Finlandais ; Luis, Colombien ; Marianne et Brahim d’Afrique du Nord, Moïse, Français et d’origine Juive ; Jean-Claude et Noël Français, Koffi de Côte d’Ivoire, Mara, Vénézuélien et Stellina Marocaine. Tous ses enfants formaient la "Tribu Arc en Ciel", unis pour le pire comme pour le meilleur. Vivant dans un château où régnait luxe, calme et amour, Akio se souvient de Noëls magiques, le château était même trop petit pour accueillir tous les amis et tous les cadeaux ; l’arbre de Noël était gigantesque dans le grand salon. Joséphine créa le ramassage scolaire pour ses enfants et ceux du voisinage. Ils allaient à l’Ecole de Castelnaud-la-Chapelle. Les années 50 furent très joyeuses pour toute la tribu qui profitait d’un père et d’une mère attentionnés. Jo Bouillon chargé de la gestion du fabuleux complexe touristique des Milandes s’attachera à freiner l’ambition démentielle de la star.
Malheureusement, les prémices d’une faillite prévisible mirent fin au bonheur. Trop généreuse et certainement très naïve, Joséphine ne parvint pas à gérer ses entreprises. Au-delà d’une tendance à la dépense, due à un train de vie fastueux, Joséphine fut abusée par grand nombre d’artisans peu scrupuleux et sa générosité sans limite la poussa vers un endettement effroyable. Lorsque Jo Bouillon quitta les Milandes pour d’autres horizons, il laissa une Joséphine criblée de dettes mais toujours déterminée dans la poursuite de son Village du Monde !
Une image, maintenant collée sur un mur de la cuisine, a ému des millions de personnes en novembre 1968. C'est dans cette pièce que la reine déchue resta barricadée durant trois jours, avant son expulsion musclée qui déchaîna les passions. L'appel de Brigitte Bardot à la télévision, l'intervention du roi Hassan II du Maroc, le soutien de la princesse Grace de Monaco, son amie, rien n'y fera.
Aujourd'hui, cette image scotche le regard des visiteurs qui défilent chaque jour dans l'ancienne demeure de Joséphine.
La photo en noir et blanc est terrible : un fatras de boîtes de conserves et de cartons ficelés à la va-vite s'étale aux pieds d'une femme assise dehors sous la pluie, mal fagotée dans une robe de chambre, en chaussettes de grosse laine, coiffée d'un incroyable bonnet de nuit. Le regard est celui d'une combattante vaincue. Joséphine Baker, icône de l'élégance, hier adulée, couverte de décorations est à la rue, seule, endettée, chassée par ses créanciers de son château périgourdin des Milandes.

Cet article avait fait l'objet d'une première édition (N°97 d'avril 2017). À la suite de quoi Damien Dufrenot nous avait écrit pour nous remercier et y apporter un complément d’information ma foi, très intéressant.
« Merci pour ce nouveau numéro. Pour apporter une précision sur l'excellent article portant sur Joséphine Baker, je vous indique le détail suivant. Son château que ma famille lui a cédé s'appelait le château des Mirandes (avec un R). Elle n'arrivait pas à prononcer ce mot correctement et elle était l'objet de moqueries voire de railleries. C'est pourquoi elle l'a rebaptisé Milandes avec un L cette fois, ce qui lui permettait de le prononcer correctement. Ma grand-mère m'a raconté
qu'à cette époque l'arrivée d'une femme de couleur doublée d'une artiste "hors-cadre" avait généré beaucoup de jalousie et de racisme. Ce château appartenait à ma famille ainsi que le château du Clos. Amitiés à tous. »
Joséphine, notre petit journal est, vous le savez, à la recherche de personnalités de votre trempe. De celles qui, lorsque la Patrie le réclame, se portent volontaires pour la défendre. Vous avez connu l'apartheid aux États-Unis, vous avez connu et défendu la laïcité à la Française. Dans cet uniforme de l'Armée de l'Air qui vous sied à ravir, vous avez fait flotter haut nos trois couleurs, au péril de votre vie. Vous avez honoré la France dans le monde entier. Comment ne pas être fiers, mon lieutenant, de vous voir entrer au Panthéon ?

(LR)