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Loto du samedi 11 décembre 2021

Venez nombreux le samedi 11 décembre 2021 à la salle des fêtes de Cazaux. Ouverture des portes à 19 heures. Nombreux lots.

L'Amicale organise son loto annuel.

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Contact CUB

Nous recherchons un volontaire adhérent de l'Amicale pour assurer la fonction de correspondant sur la CUB et contact avec les bases de Bordeaux.

La France Mutualiste

Prochaine permanence de France Mutualiste à l'Amicale mardi 7 décembre 2021.
Sur rendez-vous

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André Boisnaud, jeune officier pilote de chasse, mais déjà moniteur de chasse (sous-chef de patrouille), affecté en novembre 1954 à la BA 708 de Meknès, avait rapporté, dans notre journal N° 111 de janvier dernier, sa première opération comme Poste de Guidage Avancé (PGA). Il terminait ainsi son article : « Durant les opérations au Maroc je suis reparti en PGA dans les montagnes du Rif en octobre 1955… mais cela est une autre histoire... » , qu'il nous raconte maintenant. Merci André.

Le Rif, faut-il le rappeler, est une montagne au nord du Maroc qui, du temps du protectorat, servait de frontière entre les parties française et espagnole.
Rentré donc, de PGA dans la région de Khenifra, j'ai repris les vols école ponctués de quelques missions d'intervention durant le mois de septembre 1955.
Mais dès les premiers jours d'octobre la situation au Maroc s'étant déjà aggravée, en particulier dans le Rif, j'ai effectué une mission d'appui feu le 4 octobre dans la région de Boured et d'Adjir. Le lendemain j'ai été convoqué par le commandant de la Division d'Instruction Vol (DIV) pour aller y relever un PGA incompétent (sic).
Après avoir pris en compte, à la BA 724 de Fès, une Jeep radio, je suis parti le soir même, accompagné d'un spécialiste radio, pour ce nouveau PGA. Dès le lendemain je guidais des missions de reconnaissance effectuées par des T6 et des missions d'appui feu effectuées par des Vampires de Meknès ou des Mistrals de la 8ème escadre.
Boured se trouve près du piton de Bouzineb que les insurgés marocains avaient pris quelques jours plus tôt. Au sommet, le fort, bâti sur un piton très élevé, était une enclave française en secteur espagnol. On ne pouvait y accéder que par une petite piste internationale en lacets et seulement deux fois par jour.
Quelques jours plus tard un autre PGA, basé au pied de Bouzineb, est tombé en panne radio. Pour continuer les guidages nous établissons un contact radio en HF, ce qui me permets de retransmettre ses directives lors des attaques.
Mais moi aussi, je tombe en panne radio ! Nous décidons alors de partir pour Fès changer nos deux véhicules radio. Je prends donc une jeep avec chauffeur pour
aller récupérer l'autre PGA. Pour l'atteindre, il faut remonter la piste de Bouzineb. Nous avons un ravin à gauche, une paroi à droite et une piste à voie unique. Au bout de quelques kilomètres, après un virage, nous tombons sur un barrage heureusement non occupé à ce moment-là !
Je calme mon chauffeur paniqué et descends de la Jeep pour lui faire faire demi-tour. Sur cette piste étroite, 4 ou 5 manœuvres s'imposent et il ne faut pas traîner ! 4 longs kilomètres plus bas, nous retrouvons les premières lignes françaises... OUF !!!
Le lendemain avec nos deux Jeep radio nous sommes descendus sur Fès où nous avons pu changer de véhicule.
Nous avons repris la route en fin d'après-midi.
Arrêt dans une espèce de boui-boui en bord de route, pour casser la croûte. Là, il y a pas mal de militaires et des marocains.
Nous arrivons de nuit à Taounate. Mon camarade PGA veut continuer, je m'y oppose car la route est dangereuse avec de nombreux "défilés". Il est sous-lieutenant. Je
fais valoir mes deux galons et nous couchons pliés dans une couverture sur le court de tennis. Après une nuit courte et assez froide, nous repartons dès le lever du jour.
En cours de route, à l'endroit que je craignais, nous trouvons plusieurs camions brûlés !
Arrivés à Boured, nous apprenons qu'une embuscade a eu lieu à l'heure à laquelle nous aurions dû y passer. Sans notre arrêt à Taounate… Mon camarade fait alors amende honorable... Durant plusieurs jours je continue à assurer les guidages autour de nos positions.
Les vols de reconnaissance effectués par les T6 comportaient un pilote à l'avant et un stagiaire du 5ème escadron en place arrière, afin d'assurer la surveillance du sol, mais aussi pour prendre les commandes de vol si nécessaire.
C'est à cette époque que nous avons perdu au Maroc le premier pilote qui en place arrière d'un T6, piloté par le commandant de l'école de chasse de Meknès, a été blessé par un coup de feu dans la région de Boured.
Le terrain de Boured étant trop court pour le crash d'un T6, le pilote prit le cap de Fès, où l'on pouvait prendre en compte le blessé.
Hélas, la balle entrée par une épaule, était ressortie par l'autre. Ce jeune sergent vidé de son sang n'a pas pu être réanimé. Sur son cercueil fut épinglé la médaille de l'aéronautique, la valeur militaire n'étant pas encore créée.
Plus tard, le piton de Bouzineb, jusque là intouchable, sera repris, après un mitraillage décidé par le PGA qui a bravé les ordres.
Cette attaque qui avait provoqué un incident diplomatique avec les Espagnols, vaudra au PGA d'être convoqué à l'Etat-major de l'Armée de l'Air à Rabat...
Moi j'étais déjà rentré à Meknès pour reprendre les vols au sein du 5ème escadron.


André Boisnaud