
Le militaire et sa famille
En préambule, je dirais que l'Armée Française est une institution républicaine des plus égalitaires au plan social car si chacun y entre avec son bagage d'origine, cha-cun a aussi la possibilité de s'y élever : on prend normale-ment "l'ascenseur social" et, selon son niveau, on peut aussi y gravir les échelons par des études encadrées.
Voici donc sommairement rappelée la carrière ouverte à tout "engagé" aux pleins sens de ce terme.
"Bahuté" sans difficulté de garnison en garnison, le militaire célibataire se voit, une fois "marié" (qu'elle qu'en soit la forme ou le statut), confronté aux problèmes que posent la non sédentarisation du foyer.
« Être et durer » si la devise du général Bigeard, s'adresse aux unités combattantes, elle peut être ici, concernant la famille du militaire, retenue dans toute sa plénitude.
Être : s'engager à deux.
Prendre à deux la décision de fonder un foyer. Décision lourde, qui doit être mûrement réfléchie, serment de couple fait en toute connaissance de vers quoi l'on s'engage. L'analyse doit intégrer les difficultés potentielles inhérentes aux absences pour raisons de services, de missions plus ou moins longues et aux nombreux déménagements que cela génère : écoles, commerçants, personnels de santé… renouvelés.
Durer : Un foyer bâti sur des bases saines résistera mieux aux érosions du temps et aux aléas de la vie. Le couple s'engage en quelque sorte dans la durée sans jamais perdre de vue non plus l'enfant qui naîtrait de cette union et du traumatisme qui le marquerait en cas de séparation.
En connaissance des choix juridiques actuels, il est donc important de choisir ce qui semble être le mieux pour bâtir la famille dans la durée.
Cette configuration est-elle une généralité ? Certainement pas, mais ce schéma semble encore assez classique, quoique beaucoup aussi optent pour le "célibat géographique" qui n'est pas non plus exempt de difficultés dans le long terme.
Si ces propos sont en partie valables quel que soit le métier, ils prennent toute leur acuité s'agissant du couple confronté aux difficultés qu'entraîne le métier de militaire.
C'est là qu'il faut rendre un hommage appuyé, à celle qui "gère", en Base arrière. Palliant l'absence du papa, c'est celle qui va gérer l'environnement familial, écoles, santé, éventuellement, rechercher les petits boulots, celle qui jour et nuit, soigne, éduque, conseille, celle qui veille au grain.
Ce qui reste, c'est que le foyer familial est pour tout bon militaire, sa véritable base arrière, son souci constant, son refuge de paix intérieure. Soyez en à jamais remerciées Mesdames.
Nous terminerons ce vaste sujet avec une pensée du général d'armée Pierre de Villiers qui en souligne l'importance : « La capacité opérationnelle de nos soldats dépend largement de la stabilité et du bonheur de leurs familles ». Tout est dit.
René Léry
Bulletin Repas Cazaux du samedi 21 novembre 2026